L'intro de Mark J. Kuchner
L'auteur commence par partager un constat désabusé : les sentiments anti-science semblent être devenus la norme aux Etats-Unis. Seuls 40% des adultes américains acceptent l'idée que les êtres humains descendent d'autres espèces animales. La recherche peine à trouver des financements. De nombreux journaux et magazines ont abandonné leurs pages « Science ».
Dans le premier chapitre, l'auteur commence par se présenter. Il travaille comme astrophysicien la journée et écrit de la musique Country la nuit et le week-end. Les deux activités sont fondamentalement différentes, et pourtant, il leur trouve occasionnellement quelques points communs :
Je fus frappé de voir à quel point les scientifiques sont souvent dans la même situation que les auteurs-compositeurs débutants : ils écrivent des papiers que personne ne lit, comme les musiciens composent des chansons que personne n'écoute.
Pour faire court, il fa fallu du temps et des efforts importants à l'auteur pour comprendre pourquoi sa musique n'atterrissait même pas sur le bureau des producteurs à qui il envoyait des maquettes. Il a dû commencer par comprendre en quoi consiste véritablement le métier de l'industrie de la musique et apprendre à la dure le marketing et la communication. Il s'est vite rendu compte que ses nouvelles compétences pouvaient lui être extrêmement utiles dans sa carrière académique.
Mon expérience avec l'industrie de la musique m'a appris à me réjouir du moindre retour qu'on voulait bien me faire parvenir, et à ne plus vivre comme des échecs personnels les centaines d'appels sans réponse et de présentations ignorées. C'est ce changement de perspective — et la pression que cela m'a ôté d'un coup — qui m'ont donné envie de transposer systématiquement les enseignements du monde de la musique à celui de la science.
Quand il dit « changement de perspective », l'auteur n'exagère pas !
Un professeur d'écologie de Princeton, David Wilcove, m'a dit un jour « Même les scientifiques qui pensent ne jamais faire de marketing font, en réalité, du marketing. L'introduction qui précède un article technique est du marketing... Quand vous rédigez une demande de subvention, ce que vous faites, au fond, c'est du marketing ! »
Voici donc notre prémisse...
Être un bon scientifique, c'est à 50% de la science et à 50% du marketing.
Wow. Peut-être vous faudra-t-il un peu de temps pour métaboliser l'idée... En tant que scientifique, vous ne pouvez bien sûr pas vous contenter de mon résumé et accepter l'idée d'une traite. Il faudrait lire les arguments de l'auteur (et il en a !) pour bien comprendre comment il en arrive à une telle affirmation. Mais en attendant, pour éviter que ce billet ne s'étale sur 3 kilomètres, je vous demande de bien vouloir considérer cette possibilité : vous faites du marketing comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. Et comme vous n'avez eu aucune espèce de formation dans ce domaine, vous ne vous y prenez sans doute pas très bien.
L'auteur ne parle pas de cette caricature de marketing des années 60 qu'on a tous en tête (genre « vendre de la glace aux Esquimaux », mais d'un marketing contemporain, qui n'a de commun avec le vieux stéréotype que le nom.
C'est une tendance qui a émergé avec l'ère Internet : le marketing basé sur des conversations d'égal à égal et la création de communautés.
Dans le prochain chapitre, l'auteur partagera sa définition, ou plutôt, son « théorème fondamental » du marketing.
Catégorie : communication scientifique
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